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Valoriser les biodéchets

Quel avenir pour les biodéchets ?

Les poubelles résiduelles des Français contiennent un tiers de biodéchets, ces déchets putrescibles principalement alimentaires, et autres déchets naturels biodégradables. Soit l’équivalent de 83 kg par habitant et par an. Parmi eux, 29 kg par habitant et par an relèvent du gaspillage alimentaire, ce qui représente 11 % de la poubelle « grise »[1].

Par la loi AGEC*, le Gouvernement entend marquer l’accélération du changement des modèles de production et de consommation afin de limiter les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat. Le gaspillage alimentaire est visé et la valorisation des biodéchets largement encouragée.

En effet, si la lutte contre le gaspillage alimentaire peut éviter une partie au moins de ces déchets, l’autre partie représente une ressource non négligeable, en matière, en énergie et potentiellement en revenus. Il est donc essentiel de développer les filières de valorisation de ces biodéchets, afin de les détourner de l’incinération ou de l’enfouissement.

Une économie circulaire de la matière organique

La loi AGEC prévoit que tous les particuliers disposent d’une solution pratique de tri à la source de leurs biodéchets avant 2025, échéance ramenée depuis peu à 2023. Sur ce plan, il semblerait que la France accuse un certain retard. De nombreux pays ont d’ores et déjà déployé des solutions. L’Autriche aurait valeur d’exemple : 80 % de sa population bénéficie d’une collecte séparée des déchets organiques, ce qui la place à la première place des pays européen en termes de quantité de déchets compostés par an par habitant avec 175 kg[2]. Dans de nombreux autres pays européens, la collecte de biodéchets a connu un développement important ces dernières années.

Ces matières valorisées via le compostage, l’épandage ou la méthanisation permettent un retour au sol de ces ressources et contribuent à lutter contre l’appauvrissement des sols de plus en plus constaté aujourd’hui. Il existe en effet un réel besoin d’amender les sols avec des matières organiques naturelles telles que les composts de biodéchets. Dans une autre mesure, les digestats issus de méthanisation, peuvent remplacer les apports en engrais de synthèse, avec un bénéfice environnemental largement positif.

Du côté des professionnels

Depuis 2012, les enseignes de la grande distribution, les industries agroalimentaires, les cantines, restaurants, les marchés et les entreprises du paysage qui produisent ou détiennent une quantité importante de biodéchets – 10 tonnes par an de biodéchets, et 60 litres par an d’huiles usagées[3] – ont l’obligation de les trier et de les valoriser par des filières adaptées.

Ainsi, cette obligation touche déjà un grand nombre d’acteurs économiques qui se sont organisés en conséquence.

Vers la généralisation du tri à la source des biodéchets

Pour valoriser sur le plan agronomique ces déchets biodégradables et permettre un retour au sol de qualité, la généralisation du tri à la source des biodéchets est prévue d’ici 2025 pour tous les producteurs de déchets en France.

La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 prévoit « le développement du tri à la source des déchets organiques, jusqu’à sa généralisation pour tous les producteurs de déchets avant 2025, pour que chaque citoyen ait à sa disposition une solution lui permettant de ne pas jeter ses biodéchets dans les ordures ménagères résiduelles, afin que ceux-ci ne soient plus éliminés, mais valorisés ». Dans ce dispositif, la collectivité territoriale est libre de définir « des solutions techniques de compostage de proximité ou de collecte séparée » et le « rythme de déploiement adaptés à son territoire ». Parmi ces solutions, le déploiement de la gestion de proximité des biodéchets par le développement du compostage domestique avec des composteurs individuels, ou du compostage partagé avec des composteurs de pieds d’immeuble, de quartiers, ou encore en établissement, et le déploiement de la collecte séparée des biodéchets peuvent se compléter.

Des atouts collatéraux

Parmi la centaine de collectivités françaises déjà engagée dans une démarche de tri à la source et de collecte séparée des biodéchets, le bilan est satisfaisant : la collecte séparée des déchets alimentaires a souvent pour conséquence d’augmenter les performances de tri des autres flux de déchets.

Cette évolution législative aura un impact fort à la fois sur le plan environnemental et sur le plan financier, comme en témoignent les démarches déjà engagées : la réduction des rotations vers les exutoires s’accompagne d’une réduction des coûts liés aux transports et d’une réduction des émissions de CO2. Ou comment faire d’une pierre trois coups.

Symetri à vos côtés

Symetri accompagne la réduction et la prévention des déchets des citoyens et des entreprises, par ses solutions numériques. Parmi elles, l’application Book-YT simplifie la distribution de composteurs, Broy-YT permet le suivi des opérations de broyage, et Chat-YT est l’assistant zéro-déchet qui conseille et répond aux questions des usagers.

* Loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire publiée au Journal officiel le 11 février 2020

Pour tout savoir sur les biodéchets et la réglementation les concernant, consultez le site du ministère.


[1] Déchets chiffres-clés, L’essentiel 2020, ADEME

[2] biodechets.org

[3] Obligations légales depuis 2016

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